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Le manifeste des Balades sauvages

Le manifeste des Balades sauvages

Mercredi, Avril 1, 2026

Les larmes, les cris, de joie, ou de peine, sont ce qui nous différencient d'un robot, d'un objet, ce qui fait de nous des être sensibles, humains qui plus est. Le contrôle de soi n'exclut pas la vulnérabilité. En tant que personne hypersensible, j'ai culpabilisé des années de cette facette de ma personnalité : la société d'hier et d'aujourd'hui l'accepte volontiers et même la valorise quand elle va dans son sens, mais la réprime fortement quand elle exprime un désaccord, une rébellion, même légitime, quand elle refuse le déterminisme et l'abnégation face aux injustices couramment admises.

Et puis, j'ai compris que c'était d'abord, et surtout, une force. Alors j'ai eu envie d'utiliser cette force d'insoumission "punk", cette force d'émerveillement solaire aussi, pas pour faire peur, mais pour partager, de la mettre au service de la rébellion contre un système qui nous essaie de nous enfermer dans un avenir fini pour nous et notre planète, alors que notre créativité est sans bornes et nos synergies avec les autres êtres vivants sont multiples et extraordinaires.

Une abeille affamée dans un joli bouton d'or

Il y a des tas de gens qui se bougent chaque jour pour imaginer faire un futur plus souhaitable, plutôt comme dans Nausicaa de la vallée du vent que comme dans Blade Runner, notamment dans le mouvement Solarpunk, du libre, de la permaculture et autres hackers de futurs souhaitables. Mais « on » en parle peu, « on » rend ça anecdotique, on parle d’écologie punitive quand d'aucuns proposent de protéger le vivant, parce que, sans doute, ces mouvements n’ont pas encore été réellement préemptés par un génie millionaire (de préférence masculin, de moins de 50 ans et américain). Les humains aiment beaucoup leur zone de confort - même si elle n’est pas confortable - Ils s’y accrochent de toutes les forces en se disant : à quoi bon imaginer autre chose puisque nous sommes impuissants ?

Pourtant des auteurs - souvent des femmes - comme Chloé Chevalier, Catherine Dufour, ou encore Becky Chambers imaginent un autre futur : pour faire changer nos imaginaires, et in fine faire évoluer notre monde, et pourquoi pas mettre en place des solutions durables, lancer ou rejoindre un véritable mouvement dans lequel technologies et nature ne seraient plus opposées et dans lequel l’inclusion ne serait plus une question car tout le monde aurait sa place sur terre. Je me reconnais entièrement dans ce mouvement et c'est la raison d'être de Balades Sauvages.

Cette façon de penser me vient de mon enfance, vécue dans un contexte pour le moins atypique : j’ai d'abord grandi dans un micro-village dans le Jura où, dès 3 ans, je me baladais sur les chemins seule, sous la surveillance bienveillante de nos voisins âgés, des vaches et des grenouilles, puis dans une ville nouvelle où j'ai découvert la culture : au départ nous étions entourés de champs de colza remplis de coquelicots, les rues étaient envahies d’escargots dès que la pluie tombait, puis progressivement le béton a remplacé la verdure alentours… 

J’ai ensuite vécu en moyenne montagne : adolescente, je parcourais des dizaines de kilomètres à pieds à la découverte de l’émerveillement que peut procurer l’observation attentive de la nature : traces de lynx, tritons dans les eau glacées des sources, boulettes de réjection de chouettes chevêche ou hulotte, découverte d'une magnifique et rare fleur comme le sabot de Vénus… Le tout à une époque où les ordinateurs débarquaient dans les maisons et m'ont permis de communiquer au-delà de mes montagnes isolées.

Ainsi j'ai concilié l’observation de la nature et de sa beauté, et curiosité vis à vis des technologies, qui permettent d'apprendre, de créer et de partager. Le monde est merveilleux, extraordinaire, fantastique…et je reste inconditionnellement optimiste quand à nos possibilités que nous avons de le rendre plus beau.

Nous avons l'opportunité extraordinaire d'être sur terre et d'être dotés de sensibilité et d'intelligence : cela nous permet d'apprécier et ressentir avec nuance et profondeur la magnificence de notre monde naturel et logiquement ça devrait faire de nous ses gardiens et non ses ennemis...

Alors d'abord, puisqu'il me semble que c'est la première étape, je vous invite à mieux la connaitre, à la découvrir, l’admirer et à la pratiquer : en marchant d’abord et en ouvrant les yeux, en apprenant ensuite quelques bases que nous sommes nombreux à avoir oubliées, voire qu’on ne nous a pas enseignées car on les as peut-être jugées dangereuses pour un monde marchand où tout doit s’acheter et se vendre : quelles plantes dans la nature sont comestibles, et/ ou soignent par exemple...

Je me forme en continu sur la botanique, et la connaissance des plantes et des animaux (herboristerie, nutrition, chimie organique...) et je serai ravie de partager ces connaissances avec d'autres curieux·ses et de nous enrichir mutuellement !

Lucile Reynard, votre dévouée émerveilleuse 

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